Um Nyobè contre la France : comme Moïse et la terre promise

Um Nyobe panafricaniste

A la manière de Moïse qui a conduit Israël du pays de la servitude vers la terre promise, mais qui n’y est pas entré, Um Nyobè s’est investi entièrement pour la réunification et l’indépendance du Cameroun, mais n’a assisté à aucun de ces évènements qui se réaliseront après sa disparition. (LIRE AUSSI : Um Nyobe : l’impressionnant parcours).




Néanmoins, son combat a été reconnu par ses compatriotes qui le considèrent, aujourd’hui, comme le père de l’indépendance du Cameroun, n’en déplaise à certains manuels scolaires d’antan qui attribuaient ladite indépendance à Ahmadou Ahidjo, premier président du Cameroun. Pour Mboua Massok qui considère son propre combat comme le prolongement de celui du Mpodol Nyobe, le fait que de nombreux camerounais se réclament de Um Nyobe est une bonne chose en soi, même si pour certains, il s’agit juste d’une affaire de positionnement. « Que les gens se reconvertissent à temps ou à contretemps, dès qu’on est converti, cela me plait », indiquait-il.

Des idéaux de Um Nyobè

Justifiant ce ralliement de certains camerounais à la pensée de Um Nyobè, Mboua Massok explique que, « les gens veulent se positionner. Parce que si tu ne te reconnais pas de Um Nyobe, aujourd’hui, tu n’as pas d’aura dans la masse ». De son point de vue, c’est la raison pour laquelle tout a été fait pour que la véritable histoire de Um Nyobè, ne soit pas connue. Tout a été fait pour que les gens ne sachent pas qui a fait véritablement quoi au Cameroun.




« Parce que si on avait enseigné, bien enseigné à l’école ce que Um Nyobè a fait avant que la mort ne lui soit imposée, le Cameroun ne serait pas là aujourd’hui ». Versant dans son registre habituel, Combattant soutient que, « si tu nais à une époque donnée et qu’on ne te transmet pas l’histoire de ce qui s’est passé avant toi, tu es perdu ». Donc beaucoup de camerounais sont perdus aujourd’hui parce qu’ils ne connaissent que le RDPC. Ils sont perdus et pensent que même le RDPC est un parti nationaliste.

Le panafricaniste

De son point de vue, le RDPC a été créé à contre-courant de la logique d’Um Nyobe. Et d’expliquer que : « Ce n’est pas le RDPC de 1986, dont je parle. Le RDPC est une excroissance du parti qu’on a appelé à l’époque Esocam. Le RDPC est une excroissance du parti qu’on a appelé à l’époque Esocam, créé en juin 1949 pour contrer l’action d’Um Nyobè. (LIRE AUSSI : SDF : John Fru Ndi, l’adieu aux armes du Chairman à son parti).




« Et c’est Esocam qui est allé, changeant de nom à chaque étape pour qu’on ne sache pas d’où il vient et que les gens ne disent pas, mais ils sont contre la réunification et l’indépendance pour lesquelles Um Nyobè s’est battu c’est que ce n’est pas bon. Donc ce parti change de nom comme une entreprise qui veut fuir un passé qui n’est pas glorieux ». Lors de la toute première réunion qui se tient pour créer un mouvement panafricaniste, Um est élu vice-président du Rassemblement Démocratique Africain (RDA). Mboua Massok indique que les panafricanistes se connaissaient et c’est pour cela qu’ils se convoquaient pour s’asseoir ensemble.

Au 1er janvier 1960

« Si Um Nyobe n’avait pas été un panafricaniste, on aurait convoqué quelqu’un d’autre ». A cette époque, Um était déjà identifié par les autres comme panafricaniste. Et bien plus, l’UPC n’était qu’un démembrement de la RDA. Prière de dire ce que Um a posé concrètement comme acte panafricaniste, Mboua Massok explique la lutte pour l’indépendance du Cameroun était la lutte pour l’indépendance de l’Afrique. Et pour preuve, il argue que c’est sur la base de l’indépendance du Cameroun que les indépendances ont été étendues ailleurs en Afrique.




« Lorsque Um part défendre de vive voix la cause du Cameroun à l’ONU, c’est de l’indépendance de l’Afrique qu’il parle. La preuve, lorsque le Cameroun dévient indépendant, de la manière que nous le connaissons aujourd’hui, le 1er janvier 1960, toute l’année 1960 sera marquée par les indépendances africaines », ajoute-t-il. De son point de vue, on peut dire que Um a libéré l’Afrique par son intervention à l’ONU. Pour terminer Mboua Massok relève que lorsque Nelson Mandela sort de prison, il commet un livre « Long walk to freedom » où il témoigne qu’une des dimensions de la lutte de l’ANC s’est inspirée de la lutte de la guérilla camerounaise de l’UPC de Um Nyobè au Cameroun.

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