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Finances publiques : vers une gestion budgétaire rationnelle à Yaoundé

Gestion finances publiques

Gestion finances publiques

Gestion financière dans les finances publiques camerounaises. Asphyxie, cessation de paiement, surendettement… le champ lexical de l’alarmisme s’agrandit de jour en jour à la suite de la publication du décret du Président de la République, autorisant le gouvernement à recourir aux emprunts non concessionnels supplémentaires de 450 milliards de F CFA. Toutes choses contre lesquelles voudrait s’ériger le directeur général du budget au travers de la promotion de moyens de financement plus rémunérateurs et moins contraignants pour l’état.




Cela porte l’enveloppe finale de cette catégorie de prêts à 750 milliards de F CFA. Pour certains, le pays surfe désormais sur la corde raide du surendettement. Cette idée est renforcée par la récente sortie du Fmi dont le chef de mission Amadou Sy, au terme des discussions avec les autorités sur la conclusion d’un nouveau programme triennal avec le Cameroun, n’a pas caché ses inquiétudes quant au risque de surendettement que court le pays. Aussi, recommande-t-il de limiter le recours aux emprunts non concessionnels pour une meilleure gestion du portefeuille de la dette publique. (LIRE AUSSI : Transfert de fonds électronique : contexte et enjeux au Cameroun)

Technocrate aguerri à la gestion

Mais, si le pays s’endette effectivement à grande échelle, la dernière ordonnance du Président de la République, assure-t-on au ministère des Finances, est une opération à impact nul. « C’est une opération à somme nulle. En d’autres termes, ce n’est pas un nouvel endettement. La dette reste de 450 milliards de F CFA », explique le directeur général du Budget, Cyrille Edou Alo’o à la presse locale. En clair, le responsable en charge de la gestion de la dette publique s’écarte de cette logique de recours systématique à l’emprunt par l’état qui peut notamment procéder par émission des emprunts obligataires plus incitatifs pour les épargnants en quête de rémunération plus avantageuse et à maturité assurée.




Pour le contexte de cette ordonnance, le Cameroun a émis en 2015 son premier eurobond (REPCAM 9.500% 19 Nov. 2025 Govt) d’une valeur de 750 millions de dollars pour une maturité de 10 ans et un taux d’intérêt de 9,5%. Mais, au terme de l’opération, la valeur faciale de l’obligation est passée de 750 millions de dollars à 686,56 millions d’euros, soit 40 milliards de F CFA, et le taux d’intérêt ramené à 8,8%.

38 milliards de F CFA en termes d’intérêts induits

Depuis 2016, le Cameroun s’acquitte de 38 milliards de F CFA en termes d’intérêts induits. Une enveloppe qui aurait pu être davantage lourde n’eut été la maestria du directeur général du budget qui a su implémenter une spéculation autour de ces avances au travers d’offres financières plus agressives et surtout prématurées. Et suscitant ainsi l’engouement des petits porteurs ; on a tôt fait le tour de table sans supporter un loyer de l’argent aussi important qu’il aurait été en suivant une procédure traditionnelle par recours au marché financier ou pire aux investisseurs privés étrangers.




A titre d’illustration, l’engouement autour des OPA émises par le Cameroun sur la Bvmac tient de ce qu’arrivant à maturation généralement avant échéance, le risque encouru par les souscripteurs s’en trouve réduit alors que le gain s’en retrouve renchéri pour le grand bonheur des souscripteurs qui dès lors n’hésitent pas à renouveler une telle opération une fois de plus.

Bonne tenue des titres

REPECAM 9.500% 19 Nov. 202 5 Govt qui se négocient désormais à moins de 6%, le gouvernement en profite pour réduire le coût des intérêts de 10 milliards de F CFA et rallonger les délais de paiements de l’eurobond. « Le gouvernement va le faire parce que le marché est plus favorable en ce moment… Cela va permettre de repousser la période de remboursement et de réduire le volume d’intérêts que nous payons chaque année. Donc, il s’agit d’une gestion stratégique de la dette relativement à l’enveloppe de l’euro-bond », précise le DG du Budget.




De plus, poursuit Cyrille Edou Alo’o, « cela permet d’alléger la trésorerie devant être mobilisée dans les deux prochaines années pour cette obligation ». Réalisant ainsi des gains d’opportunités pour le Cameroun, celui-ci lui permet par ailleurs d’améliorer ne serait-ce que substantiellement son cash-flow et assurer plus de crédibilité pour l’économie nationale qui en a grandement besoin pour le renforcement de sa coopération bilatérale et multilatérale, avec la pléiade de partenaires du Cameroun. Suffisant dès lors pour envisager avec plus de sérénité la mise en branle réussie de l’exercice budgétaire entamée il y a peu.

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