Sommet UE-UA : les vrais enjeux derrière le projet Global Gateway

Sommet UE UA Bruxelles

L’Europe veut à tout prix croire à une nouvelle chance dans sa relation avec le continent africain avec ce sommet UE-UA. Une relation ce jour jugée un échec, qui est marquée par beaucoup de relents coloniaux et d’attitudes néocoloniaux mesurables bien à l’échelle des tensions et de la pauvreté installées dans de grandes régions du continent africain. Ceci par la seule cupidité des Occidentaux et de leurs complices endocolons.




Si les nouvelles routes de la soie semblent faire bouger quelques choses dans la relation UE-Afrique, d’où le Sommet UE-UA, ce serait dans la mesure où l’Afrique voudra bien faire entrer l’Europe dans son panier non inclusif de partenaires d’affaires aux côtés de Chinois, Indiens, pakistanais, Russes, Iraniens, Coréens. Dire que ce 6ème sommet serait un succès parce que l’Europe a mis de petits plats dans des grands pour jouer sur l’apparence serait une insulte à l’intelligentsia africaine qui depuis sait comment ils font et comment ça marche.

Relents françafricains au sommet UE-UA

On y a plutôt été comme dans un cimetière où brillent les tombent bien construites en marbre mais dont l’intérieur est rempli d’ossements, de la poussière et occupé par la vermine. C’est un peu ainsi que l’Africain de 2022 voient à présent toute rencontre au sommet entre l’Afrique et l’Europe. Comment voir autrement ces multiples inutiles sommets sans rien après, qui brillent par leurs bonnes intentions apparentes et des leurres en promesses derrière lesquels se cachent de véritables intention de ralentir l’Afrique, d’escroquerie intellectuel et d’hypocrisie à ciel ouvert ?




On a vu par exemple que le Sommet UE-UA de Bruxelles avait un autre sommet en marge pour parler du Mali. Comme exemple, on a vu le Sommet de Bruxelles, au départ Union européenne – Union africaine, se transformer en un sommet France-Union Africaine par la seule volonté des Européens. Des attitudes qui énervent les Africains. La France étant à chaque fois dans le besoin, voire dans l’urgence de parler pour les Africains, de servir de pont d’intelligence diplomatique et d’affaires entre l’Afrique et le reste du monde. Le Sommet UE-UA a eu « pour objectif de créer un espace de solidarité, de sécurité, de paix et de prospérité durable ». Un gros mensonge. (LIRE AUSSI : Tensions en Ukraine : comprendre le conflit Russie – OTAN en un mot)

Volonté d’une seule partie au sommet UE-UA

En 500 ans, l’Afrique n’a jamais reçu de la solidarité de l’Europe esclavagiste, colonialiste, pilleuse de ses reliques et de ses avoirs. L’Afrique ne s’est jamais sentie ni en sécurité alimentaire, ni en sécurité sociale, encore moins en sécurité sanitaire avec l’Europe. Le terrorisme actuel en terre africaine avec de nouvelles réalités qui s’imposent aux peuples africains ne peuvent témoigner en faveur de la paix recherchée par des Etats qui ont tout pour aider l’Afrique dans son combat de vivre justement dans la paix, mais ne font rien. Laissons le côté « prospérité durable » de ces objectifs en vœux pieux car les Etats n’ont pas d’amis mais des intérêts.




Lors de ce Sommet UE-UA, on a vite compris ce que veulent les Européens d’autant plus qu’ils ont été les seules à dire ce qui se fera dans ce nouveau partenariat qu’ils demandent, comment cela se fera, avec qui cela se fera et pourquoi l’on devrait le faire. C’est en cela que consiste le « new deal financier » entre l’UE et l’UA dont parlait le Président français Emmanuel Macron en décembre 2021. Et c’est cette nouvelle stratégie d’investissements de l’UE, Global Gateway, que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen est venue vendre (pour ne pas dire imposer) en Afrique, à Dakar, il y a quelques semaines.

L’appât du gain

Elle disait que son Union européenne allait mettre 150 milliards d’Euros à la disposition de l’Union Africaine pour la réduction des risques de catastrophe naturelle, aux énergies renouvelables, aux transports, à l’éducation et à l’accès à internet. La grosse blague ! Comme à chaque rencontre des dirigeants des deux continents, l’Europe donnera ceci et fera ça. On parle en termes de milliards d’Euros qu’elle va mettre à la disposition des initiatives africaines (pilotées par les entreprises européennes), de l’argent pour financer le secteur informel africain (par des multinationales européennes) pour faire de l’Afrique un vaste camp de concentration de 30 millions de Km2.




En d’autres termes, l’Europe nous apprend que pour sa survie, elle a besoin de bras, donc d’esclaves comme il y a plus de 200 ans. Ils y sont revenus, seulement nous, on y est plus. Et c’est ici les vrais enjeux de ce sommet. En réalité plus que la réciprocité de cette situation, pour exister dans 100 ans, l’Europe a besoin de l’Afrique, surtout d’une Afrique qui dépend d’elle. En jetant un coup d’œil dans le graphisme établi par les organisateurs et présenté dans les éléments de communication médiatique autour du sommet de Bruxelles, on comprend tout : une population de 447 (A) millions d’habitants demande à celle de plus d’1,3 milliard (B) à la faire vivre mieux de son travail et salaire.

Industrie de la peur et la guerre des mots

Pire, avec pour projection que la « A » va décroitre à 416 millions dans 100 ans tandis que la « B » va passer le cap des 4,2 milliards d’habitants dans la même période. Le motif de l’Europe étant spéculatif, elle fait croire aux Africains qu’elle détient toutes les solutions financières et monétaires qui puissent   exister sur cette terre. Du grand bluff protégé par l’industrie de la peur qu’elle installe petit à petit en Afrique dans le dessein de s’accaparer des mines d’or et de diamant à travers des organisations dites terroristes, qui pourtant sont ses créations dont le but est de mettre les Etats africains sous protection militaire européenne pour mieux les piller.




Si l’Europe aimait tant l’Afrique, le simple vaccin du Coronavirus n’aurait pas reçu un refus catégorique de la gratuité de son brevet. Et les Africains ne seraient pas 60 ans après en train de leur demander de quitter la terre de leurs ancêtres. Si nous y sommes, c’est parce que la relation n’a marché qu’à sens unique depuis et que rien n’a marché pour nous. Si les nouvelles routes de la soie semblent faire bouger quelques choses dans la relation UE-Afrique, ce serait dans la mesure de faire entrer l’Europe dans son panier non inclusif des partenaires d’affaires aux côtés de Chinois, Indien, pakistanais, Russes, Iranien, Coréens comme dit au début de cet article. (LIRE AUSSU : Bruxelles : Macron et son équipe de désinformateurs dans les médias africains)

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