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Population Afrique 2050 : puissance géopolitique à 2,5 milliards d’habitants

Population mondiale Horizon 2050

Population mondiale Horizon 2050

Pourquoi un Secrétaire d’état américain aux affaires africaines vient-il rappeler une évidence connue aux Africains en leur parlant de la puissance de leur nombre en terme de puissance de sa population sur terre ? « Dans 25 à 30 ans, une personne sur quatre dans le monde sera africaine », sont les mots d’Antony Blinken, actuel secrétaire d’État américain chargé des Affaires africaines lors de sa visite à Abuja, Nigéria, l’Etat le plus peuplé d’Afrique avec plus de 240 millions d’habitants. On le sait, sa visite a été programmée à quelques jours d’un sommet très important entre la Chine et l’Afrique qui se tient en ce moment même au Sénégal.

Mais passons et revenons à la population africaine qui croît de manière exponentielle pour le bien de l’Afrique. Il ne faut jamais oublier que la sous population de ce continent a été l’élément majeur de sa colonisation. Imaginons un peu ce que ç’aurait été déjà sa force géopolitique si la mort ne rôdait pas autant autour des Africains. « Ils » ont vite compris comment retarder l’échéance, n’est-ce-pas ? Esclavage, guerres, famines, maladies, malbouffe, vaccins, planning familial, médicaments sans principe actif, immigration et noyade dans les océans, assassinats divers, terrorisme, pollutions des bords de mer et de côtes, etc.




La population de l’Afrique qui, en 1960, était évaluée à 257 millions atteignait déjà 482 millions en 1983. En 1993, la population du continent s’élevait à 682 millions, selon les chiffres de la CEA (ONU). Le taux de croissance annuel moyen au cours de cette décennie était de 3.2 pour cent, taux le plus élevé du Tiers-monde. En 1983, la CEA, se basant sur des hypothèses fortes a prévu en prenant un taux de croissance annuel de 3.2 pour cent pour une période de 25 ans (1983-2008), que la population totale de l’Afrique atteindrait 1.1 milliards de là à l’an 2008. Mais la croissance démographique en Afrique a bousculé toutes les prévisions mathématiques dès 2010 avec le regain économique et la naissance d’une classe moyenne qui refusait de n’avoir que 2 enfants par foyer comme le leur chantait Sarkozy et autres Obama ou Merkel.

Population sous-évaluée

Conséquences, aucun État africain n’a plus vraiment fait de recensement démographique depuis 2010. Les priorités sont ailleurs. Mais comme les données démographiques sont d’importantes données géopolitiques, un jour le chiffre 1,3 milliard d’habitants a apparu dans tout article écrit venant d’Europe. On y est encore 10 ans après, alors que l’Afrique a dépassé normalement 1,5 milliard d’habitants. Au Cameroun par exemple, le chiffre officiel est 23 millions depuis 2007. Qui croit à ça ? Aussi lit-on 25 millions des fois, voire 27. Mais la majorité de Camerounais est convaincue avoir attend 30. Nous serons 10 milliards de voisins d’ici 25 ans. Calcul rapide : 1/4 font 2,5 milliards d’Africains sur terre. Et Africains ne vit pas qu’en Afrique, d’où la prévision semble quelque peu incorrecte.




Pour conclure dirons-nous que le nombre est un sujet au cœur même de la géopolitique mondiale. Au moment où l’Europe, une bonne partie de l’Asie et l’Amérique présentent une population plutôt vieillissante, rajeunie s’il faut le dire par la pandémie du Covid-19 (Europe et Amérique) qui supprime de leurs calculs démographiques et économiques en tuant une bonne partie des plus de 65 ans dont la présence ne rapporte plus rien à l’état, l’Afrique a plus de 70% de sa population jeune. En plus, elle est comme immunisée naturellement contre la maladie au Coronavirus. En 60 ans, l’Europe n’a pas vraiment augmenté en population, devenant même l’espace où l’immigration régulée est salvatrice des industries et d’une certaine continuité de procréation.

Message sibyllin d’Antony Blinken

C’est donc cela, et d’autres éléments géopolitiques à prendre en compte, tels que l’industrialisation de l’Afrique, la croissance de son marché intérieur inter-Etats, l’arrivée de la ZLECA, la croissance d’une classe moyenne africaine, la montée d’un sentiment anti-impérialisme, l’affirmation de la nature républicaine des armées qui cessent de plus en plus de jouer le jeu des politiciens et colonial, et la prise de conscience de la jeunesse face aux défis stratégiques dans le monde, qui expliquent ce regain de tensions et de violence en Afrique, mais aussi ce retour vers l’Afrique avec des discours semblant rejeter le paternalisme colonial et la disposition à un nouveau rapport d’égal à égal des Occidentaux envers les Africains.

Seulement, nous savons que le naturel revient toujours au galop et que le chien ne change pas a manière de s’asseoir. Les Occidentaux se défendent becs et ongles pour leur survie sur terre et misent sur un chaos total en Afrique pour reprendre la main, espérant même avoir l’Afrique sans les Africains un jour. Ce qui malheureusement n’arrivera jamais car trop tard, la jeunesse africaine sonne depuis quelques années déjà le tocsin d’une révolution implacable contre l’Occidentalocentrisme.

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