Minépat : cap sur l’orthodoxie dans les finances publiques camerounaises

Minépat Alamine Ousmane Mey

Faisant le constat amer de la sous-consommation des crédits au développement, le Ministre du Plan de l’Economie et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, s’en est insurgé le 13 octobre 2021 lors de la rencontre d’évaluation de la coopération bilatérale avec les Institutions de Bretton Woods, partenaires économiques majeurs du Cameroun, pour recentrer la mise en branle des projets bénéficiant de leurs financements.

En fait, cette évaluation participe de l’impératif qu’il y a à améliorer le rythme d’implémentation desdits projets, puisqu’ils participent du soutien à la croissance globale et ce, dans l’optique de l’atteinte à date de notre émergence socioéconomique. Et comme on ne saurait envisager de développement sans des ressources humaines saines et aguerries à la production des richesses pour l’amélioration de leur propre bien-être, on comprend que les Institutions de Bretton Woods soient également concernées par leur santé en essayant à leur manière de promouvoir la vaccination contre le covid-19 qui semble trainer le pas chez nous.

Une tendance qu’entend inverser le Minepat, en accélérant la consommation desdits financements, mais aussi et surtout en s’assurant de leur impact positif sur les populations et l’économie nationale. C’est donc dire qu’outre le contrôle plus régulier des chantiers qui y sont assujettis, l’on devra par ailleurs assister à brève échéance à une maturation plus précoce de ces projets afin de mesurer au mieux leurs incidences sur le quotidien des Camerounais. En somme, une intensification du contrôle d’effectivité desdits projets assortie des performances de gestion de ceux commis à leur coordination.

Le Minépat en promotion de la gouvernance

En filigrane, il s’agit par ailleurs de restaurer les unités en charge de la mise en œuvre desdits projets qui seront ainsi évalués eux-mêmes sur la base du respect scrupuleux du cahier de charges qui leur sera édicté. Autant dire, un retour imminent à l’orthodoxie de gestion assortie d’une plus grande quête de performance.

Des recettes qui, si elles sont effectivement implémentées, permettront à notre pays de n’être plus à la traine vis-à-vis des Institutions de Bretton Woods et de tirer un meilleur parti de leurs concours financiers indispensables pour la pleine réalisation de notre plan d’émergence plus que jamais assujetti à la perpétuation de la résilience de notre économie. Une économie littéralement à la croisée des chemins au vu des nombreux défis auxquels elle fait face : crise sociopolitique majeure dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et menaces terroristes aux frontières, non sans que la pandémie sanitaire n’y ajoute du sien.

Or, tout cela exige de disposer de disponibilités financières conséquentes que ne saurait produire le pays en maintenant un rythme marginal de mise en œuvre de projets économiquement intégrateurs. Au total, bien que prenant sur le tard conscience des manquements à l’origine de l’engagement formel du Minepat, il y a lieu d’espérer à terme, une embellie perceptible de la mutation attendue du département ministériel, clé de voûte de notre développement socioéconomique.

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