Cameroun – France : coopération autour des Engins Explosifs Improvisés

Formation Engins Explosifs Improvisés à Douala

Afin de parer à toutes éventualités relatives à la menace qui proviendrait des Engins Explosifs Improvisés, une formation appropriée a eu lieu à Douala, au Cameroun. Aussi le colonel Jackson KAMGAIN, Directeur du Génie Militaire, a-t-il eu une bonne raison de s’en réjouir : « Aucun militaire n’a eu un incident à titre personnel pendant la formation ».

En matière de coopération, il faut toujours y voir un processus gagnant-gagnant. Ainsi, entre le Cameroun et la France, à travers le projet « Appui au Commandement et l’Organisation des armées » (ACOA), piloté par la DCSD (La Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense) et l’EMA (L’Etat-Major des Armées), il a été confié au pôle interarmées Munex 05 missions d’expertise visant à appuyer un partenariat allant dans le sens de la mise sur pied d’un centre de lutte contre la menace des Engins Explosifs Improvisés.

Penser globalement contre les Engins Explosifs Improvisés

Dans la réalité, ce stage rentrait dans le cadre de la coopération entre la France et le Cameroun. Dans la lutte contre les engins explosifs, on doit d’abord penser global et agir localement. D’un autre côté, chaque partie prenante doit s’assurer que dans son territoire, la lutte contre les EEI est bien structurée. C’est pourquoi il fallait partager les expériences, tant les réalités sur le terrain ne sont pas partout les mêmes. Dans tous les cas de figure, les instructeurs, arrivés dans un Cameroun qui constitue un autre théâtre, ont aussi eu à s’inspirer des expériences locales. Ce qui a eu pour effet de renforcer l’idée d’un partage d’expérience conduisant inéluctablement vers un renforcement des capacités pour tous.

« J’apprends aussi, en tant qu’instructeur, des stagiaires parce qu’ils sont de cultures différentes, ont une expérience différente de la mienne; en même temps que je leur apporte mon expérience et ma culture militaires. J’apprends aussi avec la culture des soldats camerounais, de leur expérience. J’apprends énormément de ce côté-là », a d’ailleurs indiqué  l’adjudant  Ibrahima, instructeur français retenu pour la cause.  

L’organisation de cette formation était d’autant plus avérée que le Cameroun, depuis un certain temps, traverse une crise sécuritaire orchestrée en même temps par des groupes de rebelles venus des pays voisins, des adeptes de la secte terroriste de Boko Haram ou encore des rebelles séparatistes opérant dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Il est donc aisé de noter que la capacité C-IED qui était quasi inexistante, a connu une nette évolution eu égard aux statistiques de son tableau des effectifs et de dotations. Il faut aussi dire à ce sujet que les interventions déjà menées sur l’étendue du territoire et sur les théâtres des opérations se sont déroulées sans incident aucun, recueillant le satisfécit du haut commandement.

Renforcer les capacités d’intervention

La formation qui s’est étalée sur près de deux semaines a donc eu pour mérite de renforcer les capacités d’intervention des sapeurs du Génie, spécialistes de la lutte contre les Engins Explosifs Improvisés et ce, conformément à la planification interne des stages C-IED pour l’année 2020. Pour le Csiap-Gen, le stage C-IED de niveau destructeurs Forts, était constitué de 14 stagiaires dont 02 personnels officiers et 12 personnels non officiers, sous la conduite des Eléments Français au Gabon (EFG).

Pour l’adjudant Ibrahima, instituteur français, Chef de détachement d’instruction des opérations des éléments français au Gabon, « cette formation avait pour but de former les soldats du Génie Militaire du Cameroun dans le cadre de la lutte contre les Engins Explosifs Improvisés. Pendant 11 jours on a maintenu le niveau très élevé avec une certaine exigence que demande ce métier. Du coup on a essayé de travailler. Le but de ce stage, c’est de permettre de travailler en toute sécurité pour pouvoir détruire un engin explosif  improvisé quel que soit l’endroit ou bien sa position ».

Si la réalité du Covid-19, de l’avis de l’instructeur français, a quelque peu compliqué les choses (quand on sait que ce type de formation nécessite des contacts avec différentes personnes : il a fallu s’adapter au mieux en maintenant au moins les distanciations sociales en même temps qu’il a fallu user d’autres moyens pour pouvoir expliquer les choses plus facilement aux stagiaires), l’importance de cette formation résidait dans le fait que les sapeurs du Génie admis en stage seront désormais dotés de connaissances encore plus accrues en ce qui concerne les principes généraux de sauvegarde C-IED. Ils seront aussi à même d’identifier et de reconnaitre les composants C-IED, de mettre en œuvre des matériels d’investigation et de destruction sans oublier qu’ils seront dotés de connaissances sur les procédures de destruction pyrotechnique d’un IED.

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