Fête nationale inédite sous Covid-19 au Cameroun : les non-dits

Un jour de fête de l'Unité à Yaoundé mai 2020

Au lendemain de la fête nationale de l’unité rien n’a transparu sur les mobiles réels de l’annulation de sa dimension festive pluriel pas plus qu’au plan organisationnel précédent celle-ci. Et pour cause, le confinement a obligé et astreint les politiques et le pouvoir à y consacrer l’essentiel de ses forces et ressources, en dépit des tensions permanentes de trésorerie. Celles les ayant contraints à recourir à un appel de fonds public articulé sur la solidarité agissante de toutes les strates de la population, avec en première ligne nos opérateurs économiques.

Toutefois, autant on comprend que la préoccupation de l’heure est à la préservation de la vie, autant par ailleurs cette crise sanitaire vient étaler au grand jour, la fragilité de notre pays au plan strictement financier et dans une moindre mesure en matière de gouvernance à tous points de vue. Sinon, comment penser qu’en dépit de l’existence d’une direction de la protection civile, celle-ci ne dispose point de ressources financières pour parer au plus pressé ? C’est malheureusement le cas de le dire, si l’on s’en tient au traitement de la pandémie que subit notre pays et qui dans un suivisme béat s’en est tenu jusqu’alors à reproduire certaines décisions implémentées ailleurs sans essayer ni de les adapter à notre contexte spécifique et encore moins à élaborer une approche typiquement camerounaise pour ce combat indubitablement de longue haleine. Du coup, on est plutôt surpris et on essaye comme on peut de colmater les brèches béantes engendrées autant par notre impréparation que notre incapacité à la gouvernance prévisionnelle.

Saignée financière sans fête nationale

C’est à ce titre que notre pays vient d’adapter la chloroquine comme médication contre le coronavirus alors que le sujet reste en débat quant à l’efficacité dudit produit qui charrie de graves effets secondaires pouvant plutôt accélérer la morbidité des patients. Mais comme il faut montrer patte blanche dans l’optique d’affirmer la réalisation effective de la mission régalienne de préservation de la santé des populations, en se lance volontiers dans cette aventure industrielle pharmaceutique sans avoir préalablement rassemblé tous les pré requis, notamment en termes de site d’implantation, des conditions de collaboration avec le laboratoire agréé envisagé pour le contrôle technique et scientifique et surtout de mobilisation effective des ressources financières exigées pour une telle opération.

Et à ce propos, on observe un black-out complet sur la question, le pouvoir se contentant simplement d’évoquer le caractère imminent de la mise en œuvre des structures devant produire ladite chloroquine. Mais il n’empêche que ce fut un 20 mai confiné sans fête, un peu comme le fit le Sénégal pour sa fête nationale qui se réduisit à une « prise d’armes », dans la cour d’honneur du palais présidentiel à Dakar suivie de l’hymne national. Mais du fait du confinement et singulièrement de l’interdiction de rassemblements, depuis tout est calme et cela se perpétuera aussi longtemps que le gouvernement est plutôt au renforcement des gestes barrières afin de donner plus de chance de survie aux populations camerounaises, en dépit de l’accroissement constant du nombre de personnes infectées par le virus mortel.

Laisser un commentaire