Cameroun : un potentiel géant énergétique africain aux pieds d’argile ?

Pylon énérgétique du Cameroun

Le Cameroun connaît une offre insuffisante dans son secteur énergétique. En 2014, La production d’énergie primaire était répartie entre biomasse (50 %), hydroélectricité (4,5 %) et combustibles fossiles (45,3 % dont pétrole 39,6 % et gaz naturel 5,7 %). C’était avant l’arrivée de plusieurs barrages hydroélectriques qui ont nourri le Réseau Interconnecté Sud (RIS) de quelques 550 Mégawatts de plus.

Une étude de 2017, publiée au moment où de nombreux barrages avaient pris du retard, notait que les besoins énergétiques du Cameroun croissent de 7,5 % chaque année. Les délestages qui font actuellement partie du quotidien des Camerounais ont leur pic en saison sèche. Si l’absence d’eau, donc d’un barrage réservoir en amont de certains barrages de production fait défaut et empêche de ne pas vivre les délestages en saison sèche, il est aussi à noter que le vandalisme des citoyens est une autre cause de délestage au Cameroun. On se souvient de deux pilonnes vandalisés au début du mois d’avril 2019, privant pendant quelques jours le Réseau interconnecté Sud (RIS) des 88 MW de la centrale thermique de Dibamba, dans la banlieue est de Douala.

Le potentiel hydroélectrique camerounais est très impressionnant. Avec une puissance estimée à 23 000 Mégawats le pays est la seconde puissance hydroélectrique d’Afrique, derrière la République démocratique du Congo (RDC). Le Cameroun est en outre 18ème au niveau mondial. L’énergie hydroélectrique y est déjà leader en termes de production. Avec ses cinq bassins versants (les fleuves Sanaga, Nyong, Ntem, Congo et Niger, auxquels on peut même ajouter le Moungo et la Katina dans le Nord-Ouest), le pays dispose d’une capacité hydro-électrique impressionnante. Etonnamment la capacité hydroélectrique utilisée par le Cameroun ne représente que 4 % des réserves techniquement exploitables en 2019.

Vers le Mix énergétique

Outre son potentiel hydroélectrique le Cameroun peut faire valoir d’autres atouts. Ses potentialités en énergie solaire sont tout aussi insolentes, grâce au très fort niveau d’ensoleillement de la partie nord du pays. Pourtant la production dans ce secteur est quasi-nulle. L’on n’oublie pas les réserves en gaz naturel mises récemment en évidence dans la Région du Littoral, ni les grandes capacités éoliennes qui auraient pu augmenter de quelques Mégas sa puissance énergétique avec une bonne politique.

L’exploitation des énergies renouvelables semble être de plus en plus le secteur porteur dans ce pays. Parmi les ressources énergétiques dites renouvelables l’on retrouve : les énergies éolienne, solaire, hydraulique, géothermique, la biomasse … etc. De manière générale l’exploitation des énergies renouvelables n’entraine pas leur destruction, ni leur disparition. Peu de Nations dites développées peuvent se vanter d’en posséder autant que le Cameroun. Pourtant elles ont atteint un niveau de développement impressionnant. Le Cameroun a contrario demeure juste un simple pays en voie de développement.

Dans l’optique d’inverser cette tendance, plusieurs projets ont été initiés par le Gouvernement camerounais, entre autres, le projet d’électrification de 1000 localités rurales par système solaire photovoltaïque lancé en 2017 qui a déjà permis de couvrir 350 localités à travers le pays. Le développement de 50 mini-centrales solaires, avec l’implication de l’Agence d’électrification rurale (AER) sans oublier des projets bénéficiant de l’appui des bailleurs de fonds. Par ailleurs, 148 sites représentant un potentiel de 5 KW à 500 KW et 17 sites représentant un potentiel de 10 MW ont été répertoriés et activés, alors que la mise en place de 20 agropoles devra permettre de produire 200 MW d’électricité et 120 m3 de biogaz. Pour atteindre 25 % d’énergies renouvelables d’ici 2030, les autorités camerounaises comptent sur cette répartition : 11% de la petite hydroélectricité, 7% pour la biomasse, 6 % pour l’énergie solaire photovoltaïque et 1 % de l’énergie éolienne.

La SNH

Depuis 2018, le mot d’ordre est à la diversité. La SHN parle de plus en plus de mix énergétique. Novembre 2019, Adolf Moudiki, Administrateur-directeur général (ADG) de la SNH, la Société Nationale des Hydrocarbures du Cameroun affirmait que : « Depuis 2012, la SNH a démontré que le gaz peut contribuer de manière significative au développement du secteur de l’électricité au Cameroun en assurant un approvisionnement continu de la centrale à gaz naturel de 216 MW construite dans la ville côtière de Kribi, la première du Cameroun. Le gaz pourrait représenter entre 20 % et 30 % du mix énergétique au plan national ». À juillet 2019, selon les données d’Eneo, le gaz représente 17,7% de la production d’électricité du Cameroun, chiffrée à 1391,98 MW ; l’hydro (55,8%) et le fioul/diesel (26,4%), le solaire 0,1 %.

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