Cyrus Ngo’o, DG du PAD, définitivement dans le cœur des Camerounais ?

Cyrus Ngo'o DG PAD

Cyrus Ngo’o, le DG du PAD, a ravi le cœur de nombreux Camerounais avec l’entrée en lice de la RTC (Régie du Terminal à Conteneurs). Il entre inéluctablement dans l’histoire à double titre. Il a non réussi la prouesse d’entériner la cessation du contrat de concession du Groupe Bolloré par l’entremise de DIT et a su poursuivre sans discontinuer le services public dans cet espace portuaire, en dépit des contestations et autres artifices judiciaires usités par le concessionnaire sortant pour bénéficier d’une rallonge de quatre ans.

Si le processus y afférent a été acté dès le 30 décembre 2019, il a néanmoins fallu attendre le terme de la concession pour en accélérer le transfert à RTC avec en prime, la réquisition préalable de tous les biens et équipements dédiés à la gestion dudit terminal qu’exploitait alors DIT. C’est donc dire que l’option de régie est bien venue, aussi longtemps que le groupe Bolloré ne se sera jamais astreint au respect du cahier de charges, tout au moins en ce qui concerne les investissements minimum puisque l’essentiel des biens et équipements réquisitionnés vient attester de ce que ceux-ci ne faisaient pas partie intégrante de ceux du concessionnaire sortant qui ne s’offusquait pourtant pas de clamer des investissements cumulés de plusieurs dizaines de milliards de Francs CFA, comme pour justifier que son éviction était prématurée et plutôt inopportune. Mais scrutant son mode opératoire, on en vient malheureusement à comprendre qu’il n’en a rien été. Surtout que par ailleurs, ledit groupe ne reversait qu’une portion congrue du colossal chiffre d’affaires qu’il réalisait au Terminal à conteneurs. Une somme très éloignée de l’offre financière faite par le nouvel acquéreur TIL  à raison de 357 milliards de Francs CFA au bout de dix ans.

Légaliste et patriote est Cyrus Ngo’o

Comment ne pas encourager le patriotisme de Cyrus Ngo’o d’autant plus que la proposition de TIL est assortie d’investissements nouveaux. Ceux à même d’améliorer significativement la compétitivité du Port de Douala-Bonaberi et d’y drainer conséquemment plus de trafic. Des réalités savamment ignorées par le Groupe Bolloré qui n’avait de cesse de crier une longue expérience dans la gestion des ports de la côte atlantique africaine. Comme si cela suffisait pour lui assurer à chaque fois partie gagnée et exclusivité sans partage ad vitam aeternam. Mieux encore, se fondant sur des dispositions réglementaires nouvelles relevant de l’Article 14 du décret présidentiel du 24 janvier 2019, Cyrus Ngo’o a su faire prévaloir la souveraineté du Cameroun sur le Port Autonome de Douala.

Il a fait acter ses droits et avantages leur conférant des pouvoirs de police et des prérogatives de puissance publique pour reprendre biens et équipements qu’exploitait DIT. Surtout qu’en la matière l’Article 48 du contrat de concession y autorise le PAD pour la poursuite heureuse des opérations au terminal à conteneurs. Et enfin, les résolutions du dernier Conseil d’administration sont venues appuyer l’option de création d’une Régie déléguée à cet effet. Elle a pris corps dès le 1er janvier dernier au grand bonheur des opérateurs de la place portuaire de Douala-Bonaberi. Bien plus, on ne pouvait laisser cette activité en panne, car cela aurait eu un impact plus que préjudiciable sur l’économie camerounaise tributaire qu’elle est de l’activité portuaire à Douala-Bonaberi. D’’où le choix rationnel de pérenniser cette activité au travers d’une régie déléguée qui du reste n’est pas la première du genre du PAD. Puisqu’elle intervient après celle du dragage qui sera bientôt mise en branle, attestant une fois encore des choix managériaux rationnels du DG du PAD, Cyrus Ngo’o.

Innovations bienvenues

Avec la réduction des centres de coûts, le PAD dégagera d’importants gains d’opportunités financières qui viendront très certainement doper sa capacité d’autofinancement et donc lui assurer davantage de coudées franches pour des investissements plus productifs. Au demeurant, en plaçant la poursuite des activités de gestion du terminal à conteneurs sous le prisme d’innovations tenant autant du renforcement du système d’informations portuaires avec une forte implication des opérateurs de la place portuaire. Non sans que le PAD y intègre davantage une amélioration substantielle des services publics tenant de la gestion des voiries et réseaux divers. Le tout en assurant la protection des côtes et du domaine public maritime assorti d’une signalisation conséquente. Et quand bien même il lui est loisible de recourir à quelque sous-traitance, cette éventualité ne saurait se muer en obligation de sa part. Parlant ici des artifices judiciaires usités par le Groupe Bolloré pour essayer de le contraindre à lui réserver une prorogation du contrat de concession du terminal à conteneurs, alors que celui-ci est arrivé à terme et en saurait bénéficier d’une tacite reconduction.

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