ZLECA : création de la Zone de Libre Echange du Continent Africain

Photo de famille de la Zleca

44 dirigeants africains réunis à Kigali lors du sommet extraordinaire de l’Union Africaine ont signé le 21 mars 2018 un accord qui pose les bases de la ZLECA, la vaste zone de libre-échange continentale. En Anglais le CFTA/Continental Free Trade Area. L’objectif est d’aller vers la création d’un marché commun à l’horizon 2022, à une union monétaire à l’horizon 2028 et à une prospérité pour tout le continent en 2063 en respect des objectifs de l’agenda 2063 de l’Union Africaine (UA).

 « L’Agenda 2063 est un plan pour la transformation structurelle de l’Afrique, qui a été approuvé par le Sommet du Jubilé d’or de l’Union Africaine, en mai 2013. Lors de ce Sommet, la Commission de l’UA a été chargée, avec l’appui de l’Agence de Planification et de Coordination du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (Agence du NEPAD), de la Banque Africaine de Développement (BAD) et de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CENUA), d’élaborer cet agenda continental par le biais d’un processus axé sur les populations. », Selon l’UA.

Ce sommet, convoqué par le chef d’Etat rwandais, Paul Kagamé, président en exercice de l’UA, a permis aux dirigeants africains et à leurs experts de se pencher sur les obstacles qui entravent les échanges commerciaux intra-africains. Selon la nouvelle vision du développement du continent implémenté sur les 08 axes prioritaires de l’Agenda 2063 pour une croissance inclusive et un développement durable, la ZLECA doit inclure le marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), la communauté de développement d’Afrique australe (SADC), la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union du Maghreb Arabe et la Communauté des Etats Sahélo-Sahéliens. Avec la signature des 44 membres les pays africains ont démontré leur volonté d’aller vers une intégration réussie.

Le Nigeria n’a pas signé la ZLECA

Les africains se sont véritablement rapprochés de leurs objectifs de développement et de la réalisation des aspirations de l’Agenda 2063 de l’UA rendu public sous l’autorité de Nkosazana Dlamini-Zuma alors présidente de sa commission. Le président nigérian Muhammadu Buhari a décidé de suspendre la participation de son pays au processus d’instauration de la Zone de Libre-Echange du Continental Africain (ZLECA). Le projet qui a vu le président nigérien Issoufou Mahamadou et le président rwandais Paul Kagamé donner de tout leur être a connu ce faux bond comme une tentative de frein au projet. La décision a certes de quoi surprendre mais depuis son arrivée au pouvoir, Muhammadu Buhari n’a cessé de déployer une politique commerciale des plus protectionnistes et qu’il entend visiblement maintenir.

Le géant économique de plus de 190 millions d’habitants accorde de la voix à ses champions économiques qui ont peur de perdre de leur influence dans ce vaste marché qui se mettra en place. Selon la présidence nigériane, « la décision du président est destinée à donner plus de temps aux consultations avec le secteur privé », a-t-on appris le dimanche 18 mars 2018 dans un communiqué. L’on peut noter selon la même source : « les réticences de certains opérateurs nigérians sur les conditions de mise en œuvre de ce traité ». Certes le Nigeria n’est pas le seul Etat africain à ne pas avoir signé pour la naissance de la ZLECA, 14 autres pays ne l’avaient pas fait au soir du 21 mars 2018. Les pays en mal d’impôts, ceux qui disposent de ports importants et qui s’inquiètent de pertes de revenus douaniers. Il faut juste signaler qu’il faudrait encore attendre la ratification par 24 Etats au moins pour que l’activation sur le terrain des traités soit effective, selon les textes de sa création.

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