Coopération Cameroun – Chine : la moisson de Paul Biya en Chine

Coopération : Paul Biya et Xi Jinping

La coopération sino-camerounaise se densifie. Le président camerounais Paul Biya a achevé ce samedi 24 mars 2018 sa visite de 3 jours en Chine. Il part de Pékin avec une moisson de 5 accords allant de la construction d’infrastructures jusqu’à une coopération industrielle et technologique renforcée avec la Chine, premier pays investisseur étranger au Cameroun.

Paul Biya a rencontré pour la première fois depuis le dernier congrès extraordinaire du parti communiste chinois son homologue Xi Jinping pour parler affaires. Honneur lui avait été donné d’être le premier Président étranger à faire une visite d’Etat dans l’Empire du milieu après la « sacralisation » de Xi Jinping par son parti le 11 mars 2018. Le parlement chinois, à une très grande majorité, a aboli la limitation du mandat présidentiel, lui permettant ainsi une présidence à vie, tant que ce dernier le désire. La Chine n’a vraiment pas lésiné sur les moyens. Elle a déroulé le grand et large tapis rouge à Paul Biya ; à la dimension d’un Homme d’Etat que l’on respecte, qui s’est fait respecter et avec qui, l’on a l’assurance de signer de gros contrats économiques.

Et effectivement, de gros contrats et accords ont vu le jour à Pékin où a séjourné du 22 au 24 mars 2018 le président camerounais accompagné de six ministres, dont les ministres de l’Economie, celui de l’Eau ou encore des Travaux publics, ainsi que les représentants des patrons camerounais et de la chambre de commerce. Comme le souligne la présidence camerounaise elle-même, la Chine a remporté tous les projets d’infrastructure d’envergure ces dernières années : construction d\’autoroutes, barrage et port en eaux profondes. La Chine finance également les travaux de deux stades devant accueillir des matches de football lors de la prochaine CAN. De loin le principal soutien financier du Cameroun, la Chine représente à elle toute seule les deux tiers des investissements directs étrangers (IDE).

Une coopération densifiée

La signature de 5 nouveaux accords en 2018 viennent ainsi densifier la coopération déjà, aux yeux des experts, fructueuse sous plusieurs angles. Il nous revient que c’est encore lors de sa visite en mars 2011 que le président Paul Biya était revenu de l’Empire du milieu avec des projets ambitieux. Ce sont les autoroutes Nsimalen-Yaoundé, Yaoundé-Douala et Kribi-Lalobé en cours de construction, le barrage hydroélectrique de Bini à Warak, le port en eau profonde de Kribi dans la région du Sud du Cameroun officiellement mis en service le 02 mars dernier. Aussi, le barrage hydroélectrique de Memve’ele ou la centrale hydroélectrique de Mekin dans la même région, les hôpitaux gynéco-obstétriques et pédiatriques de Yaoundé et Douala.

De même que les stades de Limbe dans la région du Sud-Ouest et de Bafoussam dans la région de l’Ouest, pour ne citer que ces quelques parmi les plus importants projets réalisés. Ceci, grâce à des investissements chinois qui contribuent indéniablement à « améliorer le niveau de vie des Camerounais, tant en matière d’emploi que de bien-être », pour reprendre la formule de Charles Assamba Ongodo, Directeur de la Coopération avec les Pays Emergents au Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire. « Ces investissements couvrent la plupart des domaines, infrastructures avec les routes, chemins de fer, barrages, les stades, les hôpitaux, les lignes de transport d’énergie, les échanges culturels, la formation », détaille le directeur général. Entre le ministère chinois du commerce et le ministère camerounais de l’économie s’est nouée une coopération économique et technique mise en relief par un mémorandum d’accord sur les ressources humaines et un protocole d’accord sur le renforcement en matière d’infrastructures.

Une moisson économique et technologique

Nous devons également noter l’accord-cadre entre la Commission nationale du Développement et de la réforme de Chine et le Ministère camerounais de l’Economie qui porte sur la coopération de capacité de production. Le ministère de l’eau et de l’énergie était également dans la délégation du Président camerounais pour un accord qui touche son département. En effet 9 villes camerounaises vont bénéficier de la phase 2 de l’alimentation en eau potable grâce à un accord sur le prêt occasionnel. Pour rappel, la phase 1 du projet d’adduction d’eau potable pour des villes camerounaises d’un coût de 85 milliards de FCFA a permis jusqu’ici à 4 villes d’être raccordées au réseau national ou à une extension de son réseau de distribution.

Ces villes sont Bafoussam dans la région de l’Ouest, Bamenda au Nord-Ouest, Kribi et Sangmélima dans celle du Sud. Pour ce nouvel accord qui fera passer le Cameroun à la phase 2, la Chine met plus de 50 milliards de FCFA pour les villes de Yabassi dans le Littoral, Dschang dans l’Ouest, Maroua dans l’Extrême-Nord, Garoua dans le Nord et Garoua-Boulaï dans la région de l’Est. Il nous apparaît donc que le Cameroun et la Chine, par cette nouvelle tournure de leur relation, par ces différents accords, ont décidé de donner une dimension plus prononcée à leur coopération. Et l’accent est mis sur le domaine des échanges économiques, la coopération technique, le développement des infrastructures, la formation des camerounais et pour plus de disponibilité de l’eau potable.

Simon Ngaka

Journaliste, Écrivain et analyste géopolitique

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