Ngondo 2017 : apothéose sous le prisme d’une illumination pacifique

Laurent Esso au Ngondo 2017

Le Ngondo 2017 parle de lumière. Collant irrémédiablement aux réalités sociopolitiques de l’heure, c’est à raison que la traditionnelle célébration culturelle du peuple Sawa a choisi la thématique « Mwaye Pete », entendez : la lumière encore, question très certainement d’expier les démons de la division qui assombrit depuis plus d’un an déjà, le ciel camerounais, eu égard à la subsistance de la crise anglophone, enlisée depuis peu dans une spirale de violence.

Élément purificateur, l’eau à laquelle ce peuple a ainsi rendu un culte sur les berges du fleuve Wouri, le 03 décembre dernier a certainement livré un nouveau message. Celui qui s’inscrira en droite ligne des articulations socioculturelles qui, un mois durant ont exalté les nuances identitaires du peuple Sawa en des célébrations dans les différents cantons dudit peuple, entérinées par le passage de la caravane du Ngondo 2017 dans ces derniers afin d’un recueillir la crème, pour un bouquet final compétitif attribuant aux ultimes vainqueurs des concours de lutte traditionnelle, course de pirogues, art culinaire et l’élection Miss, le statut de porte-étendard Sawa en ces disciplines respectives agrémentées de la foire qu’abrita du 19 novembre au 03 décembre 2017, le Parc des Princes. En somme, une promotion différenciée du vivre-ensemble en ce moment où, de l’avis même du président sortant du Ngondo, Sa Majesté Gaston Mbody Epee, chef supérieur du canton Bassa, le Cameroun est secoué par des soubresauts et des velléités sécessionnistes dans son Nord-ouest et son Sud-ouest, qui mettent à mal son unité et sa stabilité. Dès lors, le clou de ces festivités était des plus attendus avec l’immersion du panier sacré dans le fleuve, au sortir de laquelle un message tout aussi a été révélé au public par les initiés, en prémonition de ce qui arrivera ou pas au Cameroun dans les prochains jours.

Symbiose au Ngondo 2017

Analyse faite, un peu comme un oracle, ledit message s’est aligné aux préoccupations de l’heure exaltant plus que par le passé, l’impératif de taire les réflexes identitaires et exalter comme la ville de Douala, la dynamique attachée au cosmopolitisme, creuset par excellence du vivre-ensemble du reste matérialisé par la présence, aux côtés des dignitaires Sawa, d’une flopée de notabilités de la quasi-totalité des régions du pays qui tous, ont pu suivre avec un intérêt certain, le message délivré par les ancêtres et selon lequel il faille observer la solidarité, mais également promouvoir une écoute entre les dirigeants et le peuple pour des lendemains meilleurs.

Toutes choses qui induisent un resserrement des liens entre les diverses composantes sociologiques de notre pays, un peu à l’image de ce que fut le carnaval pour le vivre ensemble qui précéda le démarrage des activités du Ngondo. Le message très attendu des eaux de dimanche dernier, invite donc les uns et les autres à davantage de symbiose, un peu comme cette minute de silence observée en la mémoire des éléments des forces de sécurité et de maintien de l’ordre tombés dans l’exercice de leur fonction, ainsi que pour tous les fils du pays du Grand Nord, du Nord-ouest, du Sud-ouest, de l’Est victimes de l’adversité que connait le pays. Aussi en vient-on à penser que le Ngondo se soit voulu à l’occasion, « l’avocat du vivre-ensemble et de la paix ». Entre danses traditionnelles, et la course des pirogues qui ont précédé l’immersion du panier sacré, on a eu droit à la finale de lutte poids-lourds remportée par Stéphane Mouen du canton Bele Bele.

Des Lauriers

Et c’est fort à propos qu’il y eut un intermède de remise de lauriers notamment ceux de la course des pirogues remportée par le canton Akwa, de même que la présentation de la Miss Ngondo 2017, Rose Aline Mbodi Essoungou du canton Deido. Toutes choses qui ont littéralement embrasé le site des cérémonies dans les berges du Wouri où s’en sont suivies des réjouissances à n’en point finir, non sans qu’à l’occasion ladite célébration marque par ailleurs le passage du témoin de la présidence du Ngondo de Gaston Mbodi Epée, après deux ans de mandat à Sa Majesté Madiba Songuè, chef du canton Bakoko du Wouri. Suffisant pour comprendre que ce dernier aura la lourde charge de veiller à l’implémentation des recommandations édictées par le message des ancêtres, non sans œuvrer à sa manière à assurer au peuple Sawa un plein épanouissement durant sa mandature, en l’illuminant davantage afin de porter au mieux la dynamique de paix.

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