Jean-Pierre Tokoto à Paris Saint-Germain

Jean-Pierre Tokoto aura eu au niveau personnel le sourire pour ce championnat. Même après le départ de Dos Santos à Troyes, le nouveau coach André Ménaut laissera Jean-Pierre Tokoto au même poste que dans l’exercice précédent mais cette fois-ci il sera accompagné du nouveau venu Claude Arribas. Et là, le camerounais fera encore un excellent championnat 74/75 en ne loupant aucun match et surtout marquera moins mais en inscrira quand même six et de ce fait ses statistiques serviront encore à aider Bordeaux à se maintenir et y réussira en finissant à six points devant le premier relégable, Angers.

Après avoir fait de très bonnes prestations en trois ans chez les Girondins, Jean-Pierre Tokoto recevra plusieurs propositions pendant l’été 1975 et son choix se portera sur PSG. Il arrivera dans la capitale française en même temps que Francis Piasecki et verra cette année-là Jean-Marc Pilorget, Lionel Justier et François Brisson débuter leur carrière. Dans un effectif assez conséquent, le camerounais tirera bien son épingle du jeu car en attaque, voire au milieu de terrain comme à Bordeaux, il y avait des sacrés clients tels que Louis Floch, Guy Nosibor, François M’Pele, Mustapha Dahleb, Jean-Pierre Dogliani et Jacques Laposte. Alors pour le championnat 75/76 où les parisiens termineront à la quatorzième position avec seulement quatre points d’avance sur le 18ème, Monaco, l’ancien bordelais disputera 28 rencontres pour sept buts d’inscrits. Pour la saison 76/77, Tokoto ne sera pas considéré comme un titulaire car le coach Velibor Vasovic préférait aligner le tandem François M’Pele et Philippe Redon, mais en fin d’exercice le camerounais affichera quand même de bonnes statistiques avec 21 matches de joués pour cinq buts. Il aura amplement participé au maintien du club à la neuvième place et pas trop loin de la dernière position qualificative pour l’UEFA (5 points).

Des challenges de Jean-pierre

Après avoir disputé un match avec PSG en début de saison 77/78, Jean-Pierre Tokoto sera prêté aux Girondins de Bordeaux et ces derniers étaient contents de retrouver un joueur qu’ils appréciaient énormément. En Gironde, il réalisera un très bon championnat en disputant 33 matches pour huit buts, mais même avec un bel effectif (Philippe Bergeroo, Gernot Rohr, Jean-Marc Furlan, Robert Buigues, Alain Giresse et bien d’autres) Bordeaux devra lutter jusqu’au bout pour éviter la descente et ce sera vraiment de justesse que les bordelais assureront leur place en D1 en terminant seizième avec seulement un petit point qui les séparait du premier relégable, le RC Lens.

De retour de son prêt et libre de tout contrat, Tokoto choisira de s’engager avec Béziers et ainsi il évoluera dans le championnat de D2 pour la saison 78/79. Et là, avec des coéquipiers comme Joël Ahache, Jean-Pierre Kern et Antoine Martinez, il fera une très belle saison en disputant 34 matches pour cinq buts, mais surtout en emmenant son club à une surprenante troisième place loupant de trois points la seconde position pour pouvoir jouer le match entre deuxièmes. Pour la saison 79/80, Jean-Pierre Tokoto jouera moins de matches (24 rencontres pour six buts) mais participera encore à un bon exercice de Béziers qui terminera à la neuvième place, à quand même huit points d’Avignon qui devait disputer le match entre deuxièmes. Et là, à plus de 32 ans, il décidera de tenter l’aventure en Amérique pour évoluer dans la North American Soccer League. Il y restera trois ans (de 1980 à 1982) dont 18 mois au Boston New England Tea Men (en 1981, l’équipe sera déménagée en Floride et du coup sera rebaptisé Jacksonville Tea Men). Les six derniers mois de sa période américaine se dérouleront du côté de Philadelphie en Major League.

Jean-Pierre Tokoto fin de carrière

Au mois de Juin 1982, Jean-Pierre Tokoto décidera de mettre un terme à sa carrière (celle-ci prendra effet après la coupe du monde en Espagne) qui aura été quand même bien remplie (il sera obligé de rompre son contrat avec Philadelphie pour pouvoir aller faire la préparation de la coupe du Monde 1982 avec la sélection nationale car son club ne voulait pas le libérer). Tokoto a honoré sa première sélection en équipe nationale du Cameroun à l’âge de seize ans et quatre mois. Après son départ pour Marseille, le président de la fédération camerounaise avait interdit de sélectionner Tokoto en équipe nationale.

Mais pour la CAN 1972 qui se déroulait dans son pays natal le Cameroun, Tokoto sera prié de la disputer après beaucoup d’absences. Et là, il fera une grande compétition qui verra le Cameroun éliminé en demie finale par le Congo, sur le score de un à zéro. Après s’être contenté de la troisième place en battant le Zaïre par cinq buts à deux, Tokoto sera élu meilleur joueur du tournoi mais comme le joueur disait lui-même, il aurait préféré échanger cette distinction contre le trophée de la CAN. Après cette très belle compétition, il ne sera plus présent en sélection nationale pendant dix ans et fera son retour lors des éliminatoires de la coupe du Monde 1982 avec Roger Milla, Théophile Abéga, Grégoire Mbida, Paul Bahoken et Joseph-Antoine Bell, il réussira à qualifier son pays et recevra du staff camerounais la garantie d’être titulaire lors de cette coupe du Monde. Mais entre-temps, il y aura eu un changement de sélectionneur (Zutic Branko par Jean Vincent) et l’ancien coach du FC Nantes ne comptait pas trop sur Jean-Pierre car il pensait que l’ancien joueur du PSG était en semi retraite aux USA.

Parmi les grands joueurs africains

Mais au lieu d’être un homme de base du onze camerounais il deviendra le porte-parole de l’équipe. Sur les trois matches du Cameroun dans son groupe de la World Cup 82, Tokoto sera rentré en cours de jeu lors des deux premières rencontres et sera titularisé au dernier match contre l’Italie. N’arrivant pas à se qualifier pour le second tour et surtout sans avoir perdu le moindre match, Jean-Pierre Tokoto dira qu’il aurait fallu que le coach fasse jouer le Cameroun plus offensivement en prenant plus de risques et ces propos n’auront pas plu en haut lieu.

Ça ne gênait pas Tokoto car ce dernier avait décidé d’arrêter sa carrière après une vingtaine de sélections en équipe nationale. Faut-il le rappeler en 1972, Tokoto sera sélectionné en équipe nationale d’Afrique avec l’ivoirien Laurent POKOU pour disputer la mini coupe du Monde organisée au Brésil pour commémorer les 150 ans d’indépendance du pays. L’Afrique perdra ses matches contre la France et l’Argentine mais gagnera celui contre la Colombie par trois buts à zéro et Tokoto en marquera deux fatidiques buts dont un de trente mètres et à la fin de cette compétition il sera sélectionné dans l’équipe type du tournoi. Lorsqu’il quitte la France ayant contribué à développer le football, Gérard DREYFUS journaliste sportif à RFI, bien connu sur le continent ne tarira pas d’éloges pour la carrière de Tokoto qui s’envolera pour les Etats-Unis où il restera tranquille pendant les deux premières années. En 1984, il deviendra formateur de jeunes footballeurs en Pennsylvanie et dans le New-Jersey. Il occupera ce poste de 1984 à 1990. Pour la saison 90/91, il prendra les rênes d’une équipe amateur dans la Ligue de New-York et deviendra par la suite coach de jeunes à Rockford de 1991 à 1994.

PALMARES :

Pour la coupe du monde 1994 aux Etats-Unis, Tokoto sera choisi par la Fédération Camerounaise pour être agent de liaison au sein de la sélection nationale. Après la coupe du Monde, il deviendra le sélectionneur des Espoirs camerounais de 1994 à 1995 puis ira former de jeunes joueurs pour le compte du Schwaben AC club basé à Buffalo Grove dans l’Illinois jusqu’en 2009 lorsqu’il va créer le FC Tokoto afin de former des collégiens au football.

-1963 : Champion et vainqueur de la coupe du Cameroun (Oryx Douala).

-1964 : Champion du Cameroun (Oryx de Douala).

-1965 : Champion du Cameroun (Oryx de Douala).

-1967 : Champion du Cameroun (Oryx de Douala).

-1968 : Vainqueur de la coupe du Cameroun (Oryx de Douala).

-1969 : vainqueur de la coupe de France (Marseille).

-1972 : Champion et vainqueur de la coupe de France (Marseille).

Bilan de carrière :

-1962 à 1968 : Oryx de Douala (Cameroun).

-1968 à 1969 : Marseille (France) 11 matches joués pour un but de marqué.

-1969 à 1970 : Paris-Neuilly (France) 25 matches joués pour huit buts de marqués.

-1970 à 1971 : Joinville (France) 12 matches joués.

-1971 à 1972 : Marseille (France) un match joué.

-1972 à 1975 : Bordeaux (France) 92 matches joués pour 18 buts de marqués.

-1975 à Août 1977 : PSG (France) 50 matches joués pour douze buts de marqués.

-Août 1977 à 1978 : Bordeaux (France) 33 matches joués pour huit buts de marqués.

-1978 à 1980 : Béziers (France) 58 matches joués pour onze buts de marqués.

-1980 à novembre 1981 : New England Tea Men (Etats-Unis).

-Novembre 1981 à 1982 : Jacksonville Tea Men (Etats-Unis).

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