Cameroun : le génie militaire en réponse opérationnelle dans les chantiers

Génie militaire du Cameroun

Le Génie militaire camerounais fait ses preuves. Affirmant l’ancrage de nos forces de défense dans une dimension d’armée de métiers, le génie militaire se veut inéluctablement la réponse opérationnelle. Comme l’attestent les nombreux chantiers routiers portant son estampille, mais aussi et surtout la reconnaissance tacite de son expertise par la Banque Mondiale qui lui a confié un chantier évalué à la somme de 70 milliards de FCFA.

Longtemps confiné à la gestion de la logistique militaire, le génie militaire a vu ses missions s’étendre progressivement à une plus grande implication de ce corps d’armée, à la construction des routes et édifices sur la quasi-totalité du territoire national. Un regain d’activités d’intérêt général qui n’est pas étranger à l’expertise qu’on reconnaît à ses hommes se mouvant dans le secteur du bâtiment et travaux publics. Mieux encore, la compétitivité des ouvrages réalisés par ses soins, milite en faveur de son choix, dans le processus de mutation du paysage infra structurel national. Aussi peut-on comprendre que depuis peu, ce soit le génie militaire qui soit littéralement appelé à la rescousse pour réaliser d’importants axes routiers à l’instar de celui reliant les localités de Mora, Dabanga et Kousseri, dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Un axe qui sort cependant des marchés traditionnels du génie militaire, tant il est vrai que ce dernier résulte d’un accord passé entre les ministres de la Défense et des Travaux publics du Cameroun, après approbation de la Banque Mondiale, qui finance ledit projet routier estimé à environ 70 milliards de FCFA.

Projets d’envergure pour notre génie militaire

Elisabeth Huybens, la directrice des opérations de la Banque Mondiale pour le Cameroun a émis son : « On a collaboré pour s’assurer qu’on peut avoir un cadre de mise en œuvre par le Génie militaire, avec des dispositions qui assurent une bonne conduite sur le plan financier, sur le plan technique et même sur le plan des relations entre les communautés et le génie militaire. Cette unité va aussi assurer la sécurité des lieux et des personnes ». Autant on peut comprendre l’importance dudit axe dans les échanges commerciaux entre le Cameroun, le Nigeria et le Tchad, autant il n’est pas le seul projet d’envergure confié au génie militaire. En effet, avant cet axe routier qui est la principale voie de transit des marchandises provenant de l’Etat du Borno, au Nigeria, à destination de la région camerounaise de l’Extrême-Nord, et de Ndjamena, la capitale tchadienne, le génie militaire se sera déjà illustré dans la construction du prolongement du boulevard de la République en son tronçon devant desservir Bonamoussadi et Makepe à Douala. Certes, il s’agit là de décongestionner le trafic routier dans cette zone périphérique de la cité capitale économique. Mais il s’en suit inéluctablement des incidences hautement importantes au plan économique, tant il est vrai qu’une amélioration de la fluidité du trafic dans la ville de Douala booste la compétitivité des activités qui y ont cours. Mieux encore, en s’investissant par ailleurs dans la réalisation des bâtiments, le génie militaire prend une part active dans l’implémentation de la politique sociale nationale.

Incubateur de développement

Quand bien même dans la majorité des cas, il s’agit prioritairement de projets dédiés, à l’instar du camp des ouvriers affectés à Lom Pangar, ou encore la réhabilitation des bâtiments de l’Institution camerounaise de l’enfance (ICE) de Betamba, située dans le Mbam-et-Kim dans la région du Centre. En somme, il s’agit au travers de ce déploiement civil, de matérialiser son option au partenariat citoyen, quand bien même son loyalisme vis-à-vis des institutions républicaines l’y oblige quelque peu. Au total, le génie militaire se positionne indubitablement en une sorte d’incubateur de développement, aussi bien en ce qui concerne les infrastructures de communication que pour la réinsertion de la jeunesse inadaptée sociale du Cameroun.

Et c’est à juste titre qu’il est de plus en plus actif au plan strictement civil, en développant et réalisant des chantiers conséquents. Une réalité qu’on ne saurait du reste lui réfuter, si l’on s’en tient singulièrement à la communication dont jouissent ses différentes actions, coordonnées de main de maître par le Colonel Jackson Kamgain. En effet, affable et plutôt disponible, ce colonel commis à la coordination des activités civiles du génie militaire a su démythifier le déploiement nouveau du génie militaire en l’assimilant simplement à une excroissance des missions traditionnelles qui sont les siennes. Des missions de développement en somme qui, quand bien même elles prennent des allures civiles, n’en sont que davantage bénéfiques dans l’optique d’asseoir les prérequis, pour  la pleine réalisation de notre plan d’émergence. Ce d’autant plus que bien que revêtu de l’épitaphe militaire, il s’agit de travaux de génie civil, bien qu’exécutés par des hommes en tenue.

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Stève Njoh est le directeur de publication de l'hebdomadaire Ça Presse. Journaliste spécialisé dans l'analyse des faits géopolitiques.

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